Délégationdu Gard

Besnik, l’apprenant devenu formateur

Besnik, l'apprenant devenu formateur

publié en janvier 2018

« Je suis arrivé en France en 2013 avec pour tous mots de français “bonjour”, “au revoir” et “merci”. »

Aujourd’hui, Besnik Zenelaj est bénévole dans l’équipe des ateliers sociolinguistiques de Nîmes comme formateur de français.

« En septembre, Max, le responsable d’équipe, m’a proposé de devenir bénévole. J’ai été très, très, très fier », explique-t-il en insistant sur les « très ». Pour Max, pas question de faire de différence pour Besnik. Comme les autres bénévoles de l’équipe, Besnik débute par trois semaines d’immersion dans les autres cours, puis il suit une formation spécialisée pour animer des cours de français.

« Toutes les semaines, j’anime un atelier pour des grands débutants avec une autre bénévole, détaille Besnik. Je m’occupe surtout de les faire travailler l’oral. Lors du premier atelier, je me suis présenté aux apprenants, et je leur ai dit que j’étais à leur place il y a quatre ans. J’ai eu peur qu’ils ne trouvent pas cela sérieux et qu’ils ne reviennent pas la semaine suivante. Mais au contraire, ils étaient tous là. Je crois que je suis un peu un exemple pour eux. Ils voient que l’on peut apprendre vite le français et avoir des responsabilités. Pour moi, être formateur, ça me permet de continuer à progresser en français. »

Besnik mesure tout à fait le chemin parcouru depuis la fuite de son pays, l’Albanie. Menacé, il abandonne sa carrière de pompier, sa vie stable, ses repères, et il part avec sa femme et leurs quatre enfants. Il arrive d’abord à Montpellier où il demande l’asile. Puis il est envoyé dans un hébergement à Nîmes avec sa famille.

C’est là que Besnik pousse la porte du Secours Catholique : pour apprendre le français. Il s’inscrit aussi dans deux autres associations nîmoises, comptant bien progresser plus rapidement. « Mais, c’est vraiment au Secours Catholique que j’étais le plus régulier, précise-t-il. Je ne voulais rater aucun atelier, car ici l’ambiance était très chaleureuse, comme dans une famille, je m’y sentais bien. »

Un jour, Valérie, la bénévole responsable des sorties culturelles, lui propose de devenir accompagnateur des sorties avec elle. Il accepte et devient quelques mois plus tard le responsable « Culture du cœur » de l’équipe. « Pour moi, la culture c’est important. Je dis aux apprenants, si vous voulez rester en France, il faut participer aux ateliers, mais c’est tout aussi enrichissant d’aller au théâtre, au cinéma. C’est une autre manière d’apprendre le français et la culture française. » Il prévoit en effet toujours un temps d’échanges après le spectacle pour que chaque personne donne son avis, parle de ce qu’elle a ressenti, compris, aimé. Un temps précieux pour lui et pour aider les migrants à s’intégrer. L’intégration pour lui ? « C’est arriver à prendre le meilleur de la culture de son pays et le meilleur de la culture de la France et faire un mixte. »

Hélène Ceccato, antenne du CEDRE

Pour en savoir plus sur les activités de l’équipe des ateliers sociolinguistiques du Secours Catholique de Nîmes, contacter le 04 66 67 68 71.

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