Impressions de voyage d’une bénévole
Au niveau du Gard, notre délégation était représentée par Éric Thimel, délégué du Gard, et par Françoise et Jean Roudil, bénévoles. Pour la 1re journée, ils avaient choisi de participer à une rencontre sur le thème de la « minorité rom ». Organisée à Colmar, cette rencontre était basée sur le travail accompli auprès de familles roms par l’équipe du Secours Catholique de Toulon.
Des bénévoles du Var ont présenté ce qui avait été fait sur le double volet de l’accompagnement social et de l’habitat aussi bien en France qu’en Roumanie. Sur les cinq familles concernées, deux ont obtenu un microcrédit pour la construction de leur maison et le montage de micro-projets, générateurs de ressources pérennes.
Le samedi 3 décembre, notre délégation participait à Strasbourg à un atelier d’une vingtaine de personnes sur le thème « relations de solidarité et lien entre le monde rural et le monde urbain dans le domaine de la lutte contre les inégalités ».
Françoise Roudil a présenté l’action du Secours Catholique dans le Gard, département plutôt rural. Habitant elle-même un petit village, elle sait par expérience que dans ce cadre trop restreint pour organiser une véritable équipe, il vaut mieux instituer des veilleurs bien insérés dans la vie locale pour signaler les cas de pauvreté et pouvoir intervenir dans une communauté qui, en général, pratique une forte solidarité.
Après cette matinée de travail, toutes les délégations et Caritas européennes et extra-communautaires (Kirghizistan, Maroc, Russie, Turquie), après avoir passé les sévères contrôles de sécurité, ont été reçues dans l’imposant hémicycle du Parlement européen.
En présence de Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours Catholique, de Erny Gillen, président de Caritas Europe et d’un responsable du Parlement, les intervenants ont transmis des propositions précises aux instances européennes en termes de bénévolat et de volontariat.
Après cette séance solennelle, place à la mobilisation citoyenne, avec un flash mob sur la place Kléber de Strasbourg où tous les participants, vêtus de leur chasuble de couleur vive, interpellaient le grand public du marché de Noël.
Le dimanche 4 décembre était une journée de célébration, de découverte et de convivialité dans Strasbourg. Après une visite de la cathédrale, tous se sont attablés autour d’une somptueuse choucroute alsacienne préparée par les bénévoles comme d’ailleurs tous les repas du festival. Puis, monseigneur Grallet a présidé la célébration eucharistique internationale dans l’église Saint-Pierre-le-Jeune.
La journée s’est conclue par un vin chaud accompagné de délicieux hedele (bredele), petits gâteaux alsaciens confectionnés par les bénévoles de la Caritas Alsace.
Le dernier jour avait pour cadre le Conseil de l’Europe, la plus ancienne organisation intergouvernementale européenne. Il regroupe 47 pays soit la quasi-totalité du continent européen, sans lien direct avec l’Union européenne, dont il n’est pas une institution.
Les quelque 800 participants ont été accueillis par un conseiller du Conseil de l’Europe et par la responsable de la division Recherche et développement de la cohésion sociale.
Les participants relayés par Bernard Thibaud ont formulé des propositions concrètes pour défendre l’engagement solidaire sous toutes ses formes. François Soulage, président du Secours Catholique, a conclu ces journées ainsi : « Restons vigilants pour que le bénévolat et le volontariat ne soient pas instrumentalisés et utilisés comme moyen d’obtenir une main d’œuvre à bas coût ou de remplacer un emploi et qu’il ne se substitue pas aux responsabilités du gouvernement et des autorités locales. »
Tous ces temps d’échange du vendredi au lundi, résultat d’un travail de réflexion mené en amont tout au long de l’année par les membres du réseau Caritas et les associations partenaires, auront-ils des retombées politiques ?
Françoise Roudil s’est montrée quelque peu réservée, mais c’est avec un sourire ému qu’elle a évoqué les moments de partage fraternels qu’elle a vécus avec les deux représentantes du Kirghizistan, Lira et Jenya, qui travaillent en milieu carcéral dans leur pays.
Au-delà des grands rendez-vous officiels qui sont le propre de ces manifestations, ce sont ces moments d’amitié dont Françoise conserve le plus beau souvenir.
Germaine Chêne
